À six mois de la présidentielle d’avril 2026, l’Assemblée nationale a adopté nuitamment du vendredi 14 au samedi 15 novembre 2025 une révision constitutionnelle qui prévoit la création d’un Sénat, ainsi que le passage de cinq à sept ans des mandats électifs, dont celui de président de la République. Le vote s’est déroulé aux premières heures du jour (4 heure TU), du samedi 15 novembre. Les députés béninois étaient initialement convoqués pour statuer sur une révision de la Constitution de 2019 en vue de la future création d’un Sénat. Ils ont finalement aussi voté pour le passage des mandats électifs de cinq à sept ans, renouvelables. Les mandats du président, des députés et des maires sont concernés par cette modification de la Loi fondamentale. Le texte a été adopté à 90 voix pour, 19 contre et aucune abstention , quelques heures après la confirmation, par la Cour constitutionnelle, de l’affiche de la présidentielle d’avril prochain.
Selon le site d’information lepatriotebenin.com, depuis samedi dernier que la Constitution du Bénin a été révisée avec une célérité et un coup de force, de nombreuses voix s’élèvent pour dénoncer la manière controversée dont la réforme a été menée. Pour beaucoup, la rapidité de la procédure, l’opacité des discussions et la pression ressentie au sein de la majorité parlementaire ne laissent aucun doute qu’il y a un acteur de l’ombre. Ce dernier aurait joué un rôle déterminant dans ce qui s’apparente pour certains à un «pilotage à distance» de la représentation nationale. Plusieurs faits le prouvent à suffisance et alimentent particulièrement ces soupçons. Selon plusieurs indiscrétions, le président de l’Assemblée nationale, Louis Vlavonou aurait fait plusieurs navettes entre Porto Novo et Cotonou ce jour. Son cortège a été aperçu dans la matinée du vendredi vers 11 heures sur l’avenue Jean Paul II. Pourtant, rien d’officiel n’expliquait cette présence dans cette zone. Aucune activité protocolaire, aucune cérémonie, aucune séance de travail institutionnelle n’était annoncée ou prévue dans l’agenda du Président de l’Assemblée nationale à Cotonou.
Pour de nombreux observateurs, l’hypothèse la plus crédible reste donc celle de consultations privées avec le chef de l’État lui-même. La présence du président de l’Assemblée nationale dans ces lieux, sans justification officielle, renforce l’hypothèse d’un cadrage précis venu du sommet de l’État. Dans plusieurs cercles politiques, on est sûr que Patrice Talon aurait donné des directives pour que le vote soit lancé sans délai et exécuté de manière quasi mécanique. Cette révision constitutionnelle, menée en soirée, prolongée jusque tard dans la nuit, et dépourvue d’un réel débat public préalable, parait ainsi avoir été goupillée. Pour une grande partie des citoyens et pour les défenseurs de la démocratie parlementaire, cette impression de «pilotage centralisé « remet en cause l’indépendance même de l’Assemblée nationale et ramène le débat sur l’ombre de Patrice Talon dans les votes opérés par le Parlement. Mais plus encore, ce sont les soupçons d’implication personnelle du président de la République qui alimentent désormais le débat.
La même source précise que dans une déclaration officielle, les députés du parti Les Démocrates (LD) dénoncent un scrutin organisé dans le noir, sous une coupure d’électricité qu’ils qualifient de manœuvre politique destinée à occulter la transparence du vote. Les LD, qui ont unanimement rejeté le texte, appellent la société civile à se mobiliser face à ce qu’ils considèrent comme un tournant grave pour la démocratie béninoise.
L’atmosphère du vendredi 14 novembre 2025 à l’Assemblée nationale restera marquée par un épisode pour le moins inédit. Alors que les députés s’apprêtaient à se prononcer sur la révision de la Constitution, une coupure d’électricité est intervenue, plongeant l’hémicycle dans l’obscurité.
Si pour certains il ne s’agit que d’un incident technique, le parti Les Démocrates y voit au contraire une manœuvre politique soigneusement orchestrée.
En effet, dans une déclaration officielle, les députés LD ont fustigé ce qu’ils appellent «un vote dans le noir», une mise en scène obscurantiste destinée selon eux à « éteindre la lumière du feu », c’est-à-dire la vérité du processus. Pour le parti, la coupure d’électricité n’a rien d’accidentel: «Elle fut un outil politique», affirme le communiqué, estimant que les conditions du scrutin ont violé les principes de transparence et de sérénité exigés par un acte aussi fondamental que la modification de la Loi fondamentale.
Les 22 députés Les Démocrates rappellent avoir voté unanimement contre la révision, qualifiant leur position de « claire, digne et sans équivoque ». Un « non de résistance», disent-ils, face à une révision qu’ils jugent illégitime et imposée dans un contexte volontairement obscurci. «Aucun d’entre nous n’a vacillé», soutiennent-ils, dénonçant une procédure menée dans des conditions indignes d’une démocratie moderne.
Au-delà du vote, le parti met en garde contre l’anéantissement des acquis démocratiques. II appelle la jeunesse, les forces vives, les confessions religieuses et les partenaires démocratiques du Bénin à mesurer la gravité de la situation et à se mobiliser pour défendre l’État de droit.
Sur les réseaux sociaux certains citoyens béninois n’ont pas caché leur ras le bol.
Pour TALATÈ Sah Koko, ce qui vient de se produire au Bénin dépasse une simple révision constitutionnelle. On nous avait parlé d’un aménagement technique, d’une mise à jour nécessaire pour introduire un Sénat. Rien de plus. Un ajustement présenté comme logique, neutre, presque banal. Mais derrière cette façade rassurante, derrière ce mot répété pour endormir le débat, c’est un séisme institutionnel qui a été déclenché sans prévenir.
Le peuple s’attendait à un point. Il s’est retrouvé avec une métamorphose complète de son ordre républicain. Quinze articles nouveaux. Dix-huit articles modifiés. Trente-trois secousses profondes dans notre fondation constitutionnelle. Et tout cela, sans consultation du peuple. Sans débat national. Sans la transparence due à une nation adulte. L’Assemblée a voté. Le pays, lui, a été mis devant le fait accompli.
Derrière le mot « Sénat », on a glissé une transformation silencieuse du pouvoir. Le mandat présidentiel passe désormais à sept ans, un cycle long qui verrouille le pays presque une décennie à chaque fois. Les députés suivent le même rythme : sept ans d’installation, loin du jugement populaire, loin de la sanction citoyenne. Les maires et conseillers, eux aussi, s’inscrivent dans ce même allongement, transformant le pouvoir local en citadelle politique consolidée. Et plus choquant encore : un député qui ose quitter son parti perd automatiquement son mandat. L’élu n’appartient plus au peuple. Il appartient à son appareil politique. La conscience individuelle disparaît. L’indépendance parlementaire est enterrée.
Tout cela alors que le peuple ne demandait qu’une information claire, qu’un débat honnête, qu’un minimum de respect. On lui a offert une prise d’État glacée, soigneusement emballée sous un mot anodin. Ce n’est pas une révision. C’est une reprogrammation du système. Une confiscation méthodique des règles du jeu. Une modification stratégique opérée hors du regard citoyen.
Le plus alarmant n’est pas ce que ces nouveaux articles disent. Le plus alarmant est la manière dont ils ont été introduits. C’est le mépris du peuple. C’est la légèreté avec laquelle on a touché au cœur de notre contrat national. C’est cette facilité inquiétante avec laquelle quelques mains ont redessiné notre avenir collectif sans nous.
Un pays peut supporter la difficulté économique, la précarité, la fatigue. Mais il ne survit jamais longtemps à la confiscation de sa souveraineté. Ce qui s’est passé aujourd’hui est plus qu’une révision : c’est un tournant. Un moment où la Constitution, notre dernier refuge commun, a été remodelée dans notre dos, transformée dans son essence, dévitalisée de sa fonction protectrice. Et cela, c’est non seulement révoltant. C’est dangereux. Profondément. TALATÈ Sah Koko - citoyen béninois révolté, témoin et voix de l’inacceptable.
Mamane dans l’une de ses chroniques se demande si c’est mise à jour… ou reprogrammation totale ?
Mesdames et messieurs, bonjour !
Aujourd’hui, au Bénin, on a assisté à ce que j’appelle une mise à jour surprise version smartphone chinois : tu demandes à ton téléphone de «mettre à jour l’heure», et paf ! il change la langue, la sonnerie, le fond d’écran et même ton nom.
On avait promis au peuple un petit «ajustement technique» pour introduire un Sénat. Rien de méchant, juste une retouche, comme quand tu vas chez le coiffeur demander «juste les pointes».
Résultat ? On t’a rasé la tête.
En douce, sans prévenir, on a ajouté 15 articles, modifié 18 autres… bref, la Constitution a eu plus de chirurgie qu’une star de téléréalité.
Et pendant que les députés opéraient, le peuple, lui, regardait ailleurs, pensant qu’on ne faisait que «changer les rideaux».
Et puis la grande surprise :
— Le mandat présidentiel ? Hop, 7 ans !
— Les députés ? 7 ans !
— Les maires ? 7 ans aussi !
C’est le forfait illimité : on ne sait pas si c’est la démocratie ou un abonnement téléphonique longue durée.
Le plus beau : si un député quitte son parti, il perd son siège. Dans ce système, l’élu n’appartient plus au peuple. C’est un matériel du parti : «ne pas débrancher sans autorisation». Alors oui, on appelle ça «révision constitutionnelle».
Mais franchement, ce n’est plus une révision : c’est un reformatage complet, fait en catimini, comme quelqu’un qui change tous les meubles pendant que tu dors. Et ça, mes amis, ce n’est pas seulement surprenant. C’est… comment dire ? Très très dangereux dans la République du bon sens.
C’était Mamane. Merci !
Pour le pourvoir de Cotonou, la révision constitutionnelle institue un Sénat conçu comme un « conseil de sages ». Selon un député du camp Talon, il comptera entre 25 et 30 membres, composé à la fois de membres de droit et de personnalités désignées. Aucun Sénateur ne peut siéger au delà de 85 ans.
Le texte confie au Sénat une mission de « régulation de la vie politique pour la sauvegarde et le renforcement de l’unité nationale, de la démocratie et de la paix ».
D’après cette révision constitutionnelle, les lois désormais votées par l’Assemblée seront désormais transmises simultanément au président de la République et au Président du Sénat.
Le président de la République, Patrice Talon va t’il faire un premier mandat de 7 ans ou quittera t-il le Palais de la Marina en apportant, avec lui, le pouvoir au Sénat?
Le rallongement de la durée du mandat présidentiel qui passe de cinq à sept ans renouvelable une seule foi précise que nul ne peut, de sa vie, exercer plus de deux mandats de président de la République.
Après l’étape de l’Assemblée nationale, le président Patrice Talon va saisir la Cour Constitutionnelle pour un contrôle de constitutionnalité. La juridiction constitutionnelle devra approuver la réforme avant que le président ne promulgue pour l’entrée en vigueur de la nouvelle loi fondamentale du Bénin. Cette modification constitutionnelle est l’initiative de deux députés de la coalition au pouvoir qui ont introduit la proposition de loi à l’Assemblée nationale depuis le 31 octobre 2025.
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