Le Togo à l’instar du monde entier a célébré le 8 mars dernier comme, à l’accoutumée, la journée internationale des droits de la femme. C’est dans ce sens qu’il est organisé par l’église évangélique presbytérienne du Togo, paroisse d’Avedzi à Lomé, le samedi 23 mars, une célébration axée spécialement sur la femme chrétienne dénommée «Forum des femmes chrétiennes d’impacts». L’initiative portée par la commission jeunesse EEPT d’Avedzi vise à rassembler toutes les femmes chrétiennes de toutes les paroisses de l’EEPT et celles des autres églises en vue de les célébrer, mais aussi c’est un cadre de formation d’encadrement et de motivation à l’excellence selon les valeurs et modèles chrétiens. Cette première édition qui a été meublée par des panels , des débats, des échanges, a permis in fine de sortir non seulement la femme chrétienne en particulier mais aussi la société en général, de la mauvaise interprétation de la soumission de la femme chrétienne écrite dans la bible.
Pourquoi cette initiative ?
«Le droit de la femme est célébrée dans sa généralité dans le monde entier, mais j’ai remarqué la femme chrétienne n’a pas pu se consacrer à elle. Le leadership et le point de vue social de la femme sont généralisés mais le Christ que nous servons, sa parole nous a donné beaucoup d’éléments une fois mis en pratique et valorisés au sein de la société peut recentrer le débat sur le leadership féminin», s’est expliqué M. DAKE Kossi Dodzi le président de la commission jeunesse EEPT d’Avedzi, Promoteur du forum, sur les réels motifs de l’événement. L’une des raisons de ce forum est l’inaction de la femme chrétienne. La femme chrétienne comme toute autre femme a un rôle primordial dans le processus de développement social, économique, culturel, du foyer, éducatif... Cependant force est de constater que bon nombre des femmes chrétienne malgré les atouts qu’elles possèdent restent recroquevillées sur elles-mêmes. Ceci au nom d’une certaine obéissance à la soumission demandée à la femme par le seigneur. Une soumission oui, mais elle ne devrait pas supprimer le droit, le devoir et la responsabilité de la femme chrétienne vis à vis des situations qui se présentent à elle, sinon Véronique ne devrait pas prendre l’initiative d’essuyer le visage de Jésus Christ sur le chemin de la croix ou encore Esther qui a sauvé son peuple à travers des démarches intelligente envers le Roi. C’est ce constat amer qui a suscité aussi l’organisation de ce forum sous le thème «femme chrétienne acteur stratégique du développement socio-économique et culturel.»
Selon le président de la commission jeunesse EEPT d’Avedzi, M. DAKE Kossi Dodzi, Promoteur du forum, «Ce thème parce que d’abord lorsqu’on prend la hiérarchie au niveau chrétien après Dieu il y a la famille après vient le reste. Et Dieu se base beaucoup sur la famille et on ne peut pas parler de famille sans l’homme sans la femme. Or la famille en termes chrétien confie beaucoup de responsabilités à la femme ».
Comment les valeurs chrétiennes influencent-elles l’engagement des femmes dans le développement économique local et la création d’entreprises ?
Les valeurs de la femme chrétienne étant basées sur la vérité, l’obéissance, le travail bien fait et la prière, tout ce qu’elle entreprend sur le plan économique ou entrepreneurial avec les moyens publics et privés disponibles doit lui réussir. C’est dans cette optique qu’il s’avère nécessaire d’amener la femme chrétienne qui est restée pour la plupart fermée sur elle-même, a osé prendre sa place au sein de la société. « L’autre partie du thème est qu’il est constaté que la femme chrétienne ne s’implique pas dans la vie sociale. Il y a des opportunités aujourd’hui peu importe les conditions qu’on peut décrier de nos pays, il y a des opportunités qui existent. Mais la femme chrétienne ne s’implique pas, elle se met à l’écart, elle se dit femme au foyer or la possibilité est donnée aussi à elle de profiter de ses avantages là. S’il y a un financement qui est offert, le gouvernement ne stigmatise pas certains types de femmes qu’elles seules ont droit à ça. Si les musulmanes, si d’autres qui ne sont pas chrétiens en profitent, pourquoi pas les chrétiens. Vu que nous sommes dans le domaine entrepreneurial et qu’il y a des opportunités dont les jeunes filles chrétiennes peuvent se servir comme d’autres jeunes filles, c’est une bonne chose», a souligné M. DAKE Kossi Dodzi.
Comment la femme chrétienne peut-elle entreprendre ?
Les panélistes ont dans leur exposé démontré que l’impact économique de la femme chrétienne est très déterminant dans la réduction de la pauvreté et de l’amélioration des conditions de vie à travers sa capacité d’entreprendre. De nos jours les charges familiales incombent aussi bien à l’homme qu’à la femme et ce que l’homme fait la femme est également capable de le faire. Pour cette raison, elle est appelée a être plus déterminée dans ses engagements en se mettant en réseautage pour mieux bénéficier des prêts et des accompagnements financiers. Pour ce faire, l’un des panélistes, Mme AGBABI Aféafa T. Abra, responsable du programme FNFI session Sanguéra a entretenu les participants sur les opportunités disponibles en matière des financements des projets des femmes et les procédures pour bénéficier des crédits FNFI. «J’ai parlé de comment les femmes doivent s’entretenir, s’éduquer et s’émanciper. Je les ai entretenues sur nos produits FNFI qui pourraient également les aider dans leurs activités par des petits crédits allant de 500.000f à 50.000.000f CFA. Cette vision du chef de l’Etat est de permettre aux femmes de s’épanouir davantage», a-t-elle expliqué. Pour cette dernière la femme chrétienne entrepreneuse a le droit de s’informer et de se former sur la gestion des entreprises et surtout sur la recherche des ressources financières fiables et avantageuses.
Quelles valeurs chrétiennes sont essentielles pour guider et soutenir une femme dans son rôle de pilier du foyer ?
Pour beaucoup de personnes une femme chrétienne, elle doit être celle qui doit rester à la maison et prendre soin du ménage. Mais des réflexions apportées lors de ce forum ont complètement battu en brèche cette idée et ont rejeté cette vieille éducation.
«Je pense que c’est une vieille éducation qui nous a été inculquée mais de nos jours nous pensons qu’il y a une éducation en ce sens autour de la chose et nous comprenons vraiment la valeur que Dieu a donnée à cette femme-là, ce que Dieu a mis en elle. Une femme chrétienne doit savoir comment s’habiller, comment apporter son problème devant le trône, une femme chrétienne sait par exemple comment intercéder en faveur de l’avenir de ses enfants, de la carrière de son mari et tout autour de son environnement, elle doit être une femme qui impacte de par son comportement, ce n’est pas une femme qui, quand on dit un elle dit dix sans rien dire , mais une femme qui sait revenir devant le trône pour demander permission à son créateur,» a indiqué Mme AMESSEFE Lolonyo, présidente de l’école de mariage au sein de la paroisse évangélique presbytérienne d’Avedzi.
Elle a exprimé sa satisfaction pour la portée des questions abordées en cette première édition surtout sur l’identité de la femme chrétienne. «De cette première édition, je crois que les participants ont retenu que à part cette vieille éducation que nous avons de la femme chrétienne, à part cette vieille image que nous avons de la femme chrétienne au nom de la soumission que nous interprétons très mal, on a compris qu’elle est cette valeur que Dieu a mise en nous, comment nous pouvons mener à bien ce rôle de moniteur au sein de la famille et de la société».
Essobiou A.
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