La transhumance, observée chaque début d'année,
généralement de fin janvier à fin mai, dans plusieurs pays de la
sous-région et qui s'étend sur l'ensemble du territoire a pour
objectif de nourrir le bétail tout en évitant l'épuisement des pâturages. Ce
phénomène qui devrait être un facteur
d'intégration régionale et de promotion de l'économie de l' espace
communautaire, continue d'être malheureusement
un vecteur de conflits violents qui débouchent sur des pertes en vies
humaines au Togo. Ceci malgré les dispositions prises par les autorités en
charge de ce secteur dans notre pays.
Afin d'éviter les conflits entre les
populations locales, les exploitants agricoles qui se plaignent de la
dévastation de leurs champs et parfois même de viol et nomades venant des autres pays de la
région, le Togo a mis en place son Plan de gestion la transhumance (PGT) qui va
évoluer avec le temps pour devenir le
Plan opérationnel de gestion de transhumance (POGT). Le plan
opérationnel prévoit des couloirs d'entrée et sortie à emprunter sur les
nouvelles cartes régionales, et définit clairement les rôles et les consignes à
respecter à chaque étape par les acteurs impliqués dans le processus. Des
règles que le gouvernement a appelé à respecter strictement pour éviter des
accrochages entre éleveurs peuhls et
populations autochtones. Cependant ces efforts des autorités n'ont pas suffi
pour empêcher en ce début d'année 2022
le drame de Tchamba 2.
Dans la nuit du 04 au 05 février
dernier, une violence intercommunautaire s'est produite entre peuhls et
autochtones dans la commune Tchamba 2 plus précisément dans un village à
Koussountou. C'était à la suite d'un meurtre après viol d'une dame âgée
d'environ trente ans, ayant
occasionné un mort, des blessés et des déplacés.
Tout est
parti du viol et meurtre d'une dame qui a engrangé la colère dans plusieurs
localités du milieu. Bilan : une personne disparue, 25 cases des peuhls incendiées, 101 bœufs abattus et des blessés ; on
dénombre également 301 déplacés dont 161
enfants.
Pour canaliser les énergies et
arrêter l'hémorragie, le ministre de la sécurité et de la protection civile,
Yark Damehame et son collègue des transports, Affoh Atcha-Dédji, ont fait le
déplacement sur les lieux. Une occasion,
pour les émissaires du gouvernement de condamner le crime ainsi que les attitudes
de violences. « Le crime est à condamner et l'abattage des bœufs également. On
ne doit pas se faire justice soi-même », a rappelé le Gal. Yark Damehame aux
communautés. Les deux ministres ont, par ailleurs, exhorté les populations à
contacter vite, dans de pareilles situations, les forces de sécurités pour
arrêter le ou les criminel (s). « La violence n'est pas la solution. Chacun
doit contribuer pour que la paix qui existe dans notre pays perdure », a ajouté
le patron de la sécurité.
Daniel A.
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